Agrivoltaïsme : comment concilier rendement agricole et production d’énergie ?

Sur le terrain, la question revient sans cesse : comment tenir le cap quand les charges montent, que la météo devient plus imprévisible, et que la rentabilité se joue parfois sur quelques décisions techniques ? L’agrivoltaïsme s’invite précisément dans ce contexte. Pas comme une baguette magique, plutôt comme une façon de sécuriser une production agricole tout en ajoutant une seconde production — d’énergie — au sein d’un même projet. Et, soyons francs, ce double objectif attire parce qu’il parle à la trésorerie autant qu’au quotidien.

Comprendre l’agrivoltaïsme, sans confondre avec une centrale au sol

Un point de départ utile : l’agrivoltaïsme ne se confond pas avec un champ de panneaux posés au sol où l’agriculture disparaît. Dans un projet agrivoltaïque, l’activité agricole reste prioritaire, et l’installation énergétique s’adapte à la parcelle, aux contraintes de circulation et aux objectifs de l’exploitation. Dit autrement, l’agrivoltaïsme n’est pas “du photovoltaïque à côté de l’agriculture” : c’est du photovoltaïque pensé autour des besoins agricoles, avec des arbitrages clairs sur la conduite, l’accès et la production.

Dans les faits, plusieurs familles d’installations existent : ombrières au-dessus des cultures (on parle aussi d’ombrières), rangées plus espacées, systèmes mobiles, ou encore installation photovoltaïque intégrée. L’agrivoltaïque “bien fait” se repère vite : circulation des machines anticipée, zones de manœuvre, gestion de l’ombre, du vent et de l’humidité. Ce sont des détails… jusqu’au premier chantier de récolte sous une structure mal implantée. Témoignage : une fois, un alignement mal pensé a transformé une journée de fenaison en casse-tête ; depuis, le passage d’outil est étudié avant le rendu graphique, même si cela oblige à revoir un plan séduisant sur papier.

Choisir une installation adaptée : cultures, élevage, parcelle… et contraintes de sol

Pour ouvrir une piste très concrète sans entrer dans la technique, certains se renseignent tôt sur le tracker solaire : l’idée d’une installation plus adaptable peut compter, surtout quand les terres sont hétérogènes et que le sol n’est pas uniforme. Et au passage, une question simple aide à se situer : grandes cultures, élevage, maraîchage, arboriculture ? En agrivoltaïsme, la réponse oriente presque tout le projet, y compris la hauteur des structures, la densité de panneaux et la place laissée aux itinéraires techniques. Cela paraît évident… jusqu’au moment où une benne ne passe plus.

À ce titre, l’objectif n’est pas seulement de produire plus d’énergie. Il s’agit aussi de maintenir une activité agricole crédible, mesurable, et compatible avec le temps long. Une installation agrivoltaïque doit donc montrer qu’elle aide, ou au minimum qu’elle ne dégrade pas la qualité de la production : microclimat, stress hydrique, protection contre certains aléas, et organisation des travaux. C’est là que se jouent l’amélioration et l’impact réel sur l’exploitation, loin des promesses trop lisses.

Décret agrivoltaïsme 2024 en France : règles, mise en conformité et enjeux pour les agriculteurs

Si un décret arrive maintenant en France, ce n’est pas un hasard : il vise à accompagner le développement de l’agrivoltaïsme et des projets agrivoltaïques, tout en limitant les dérives. Concrètement, l’enjeu est d’éviter que du photovoltaïque “déguisé” prenne la place de terres à vocation agricoles. Le texte demande donc de démontrer, puis de suivre, la réalité de la production agricole sur la durée, avec une mise en pratique documentée. Il s’inscrit aussi dans un cadre plus large : loi, règles d’urbanisme, et dynamique de filière autour de l’énergie renouvelable, portée notamment par le changement climatique. Autrement dit, moins de zones grises, davantage de preuves.

Pour éviter les mauvaises surprises, une checklist simple rend service :

  • Priorité agricole : comment la prouver, et surtout comment la suivre (indicateurs, résultats, ajustements) sur l’exploitation.
  • Impacts sur la conduite : accès, compaction, irrigation, organisation des chantiers ; l’agrivoltaïque se joue souvent là.
  • Pratiques : rotations, interventions, compatibilité des matériels ; l’agrivoltaïsme n’empêche pas, mais oblige à cadrer.
  • Suivi : indicateurs côté agriculture et côté énergie, pour éviter qu’une installation prenne le dessus.
  • Le nerf de la guerre reste la rentabilité, mais pas seulement. Oui, il peut y avoir revenus via vente d’électricité, loyers, ou autoconsommation selon montage et service attendu. Cependant, les coûts existent : études, raccordement au réseau, maintenance, assurances, et adaptations des installations. Et il y a des risques : aléas de production, dépendance contractuelle, contraintes d’exploitation. Un projet d’agrivoltaïsme solide met ces sujets sur la table dès le début, sans les minimiser, même quand l’enthousiasme est là.

    Rentabilité et choix des projets : une solution durable si l’agriculture reste au centre

    Passer du concept au concret suit souvent les mêmes étapes : diagnostic agronomique, objectifs de l’exploitation, choix des panneaux (hauteur, densité, orientation), échanges avec développeur, puis calendrier d’autorisations et de chantier. Une erreur fréquente — et elle coûte cher — consiste à dimensionner d’abord pour l’énergie, puis à tenter de “faire rentrer” l’agriculture dedans. En agrivoltaïsme, c’est l’inverse qui tient dans le temps, surtout quand plusieurs projets sont en concurrence sur un même secteur. Et oui, cela demande parfois de renoncer à quelques kW sur le papier.

    Quand la parcelle impose de la souplesse, il peut être pertinent de regarder le tracker solaire agricole comme piste, et de se demander ce que cela change sur les itinéraires : passages d’outils, calendrier, zones d’ombre, et stabilité de la production selon les années. Cet angle “terrain” évite de traiter l’agrivoltaïsme comme un simple dossier, et aide à comparer des installations solaires et des équipements vraiment agrivoltaiques. Au final, ce sont souvent les petites contraintes répétées qui font basculer un avis.

    Pour trancher, quelques questions rendent le projet agrivoltaique plus clair : quel problème résoudre sur l’exploitation ? Quelle marge de manœuvre sur la conduite ? Quel engagement contractuel est acceptable ? Qui pilote les arbitrages ? Et comment mesurer, chiffres à l’appui, que l’agrivoltaïsme améliore aussi la partie agricole, pas uniquement la partie photovoltaïque ? Quand ce point est tenu, l’agrivoltaïsme devient une solution crédible parmi d’autres solutions pour sécuriser une production alimentaire et développer une production d’énergie avec des équipements photovoltaïques et solaires pensés pour durer. Et c’est précisément ce que recherchent, aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs en France, parfois après une ou deux saisons compliquées.

    Sources :

  • okwind.com
  • legifrance.gouv.fr
  • ecologie.gouv.fr
  • Quelques actus

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