Calculez facilement vos ventes moyennes chaque mois

Il existe de nombreuses façons de calculer un stock de sécurité. Dans cet article et cette vidéo, nous reviendrons sur les principales méthodes de calcul sur Excel ainsi que sur celles que je recommande.

Téléchargez le stock de sécurité Excel complet ci-dessous

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Définition du stock de sécurité

Le stock de sécurité (ou stock tampon) désigne le niveau de réserve qui permet d’anticiper les imprévus et d’éviter les ruptures, qu’il s’agisse d’une demande imprévisible ou d’un délai fournisseur qui s’étire. Prévoir, c’est bien ; s’armer contre l’incertitude, c’est indispensable.

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Pour définir précisément le stock de sécurité adapté à votre activité, une recherche rapide sur Google vous donnera un large éventail de méthodes. Ici, je m’attache à vous présenter les approches les plus pertinentes, illustrées par des exemples concrets sur Excel, que vous pourrez télécharger à la fin de cet article.

Pourquoi un stock de sécurité ?

Ce stock tampon se justifie par deux grandes zones d’incertitude : la demande et le temps.

1) Demande variable

Répondre à la demande implique de jongler avec des produits très prévisibles (papier toilette) et d’autres bien plus volatils, comme des parapluies, dont la vente décolle avec la pluie. Les prévisions seront toujours plus fiables sur le papier toilette que sur le parapluie. Conséquence : il faut prévoir un stock de sécurité plus élevé pour les produits soumis à de fortes variations.

2) Aléas sur les délais

Autre facteur : les retards. Un exemple : vous produisez en Chine et livrez en France. Entre les soucis de production, de transport, de douane ou de réception, chaque étape peut décaler la livraison. Parfois, tout arrive en avance, parfois, tout s’accumule et le délai explose. Ces incertitudes de timing imposent aussi un stock tampon.

En résumé : ce stock sert de bouclier face aux imprévus sur la date et la demande.

Miser sur la formule de Wilson : une base, pas une fin

Avant d’entrer dans le détail des différentes méthodes, un mot sur la formule de Wilson. Elle optimise la fréquence et la quantité de commande. Mais attention : elle ne protège pas contre une demande exceptionnellement forte ou un imprévu logistique. Il faut donc toujours l’associer à un stock de sécurité adapté.

Calculer le point de commande : quand passer à l’action ?

Voici ce qu’il faut avoir en tête pour fixer le moment idéal où déclencher une commande :

  • Heure de commande anticipée : On ne commande pas pile au moment où on atteint le seuil de sécurité, mais un peu avant, selon le délai d’approvisionnement. Si le délai est de 10 jours, on lance la commande 10 jours avant d’atteindre ce seuil.
  • Point de commande = stock de sécurité + (vente moyenne x délai)

La théorie, c’est bien, mais sur le terrain, ce stock de sécurité sert vraiment d’amortisseur. Dès qu’un imprévu survient, côté demande ou côté délai, il limite les conséquences sur votre taux de service et la disponibilité produits.

Les risques d’un stock de sécurité mal géré

Avant de plonger dans les formules, un rappel : le stock de sécurité, s’il rassure, cache parfois des faiblesses profondes. Gestion hasardeuse, prévisions imprécises, fournisseurs incertains, retards à répétition : le stock tampon coûte cher et ne règle jamais ces problèmes de fond. Il ne sert qu’à masquer les failles.

Gardez la tête froide : surveillez en priorité la qualité des prévisions, le sérieux des fournisseurs, la fiabilité logistique. Cherchez toujours le juste équilibre entre taux de service, disponibilité client et coût du stock.

Calcul du stock de sécurité : 6 méthodes éprouvées

Voici six façons de calculer votre stock de sécurité, de la plus simple à la plus avancée :

Méthode 1 : La méthode basique, ou « à l’ancienne »

C’est la formule la plus directe : vous décidez du nombre de jours de couverture souhaité. Un exemple : votre vente moyenne est de 100 unités par jour, le délai moyen de livraison est de 10 jours, et vous souhaitez 5 jours de vente en stock de sécurité. Le calcul : 100 x 5 = 500 unités.

Formule du stock de sécurité :

Le point de commande se calcule ainsi : stock de sécurité + (vente moyenne x délai de livraison). Ici, 500 + (100 x 10) = 1500 unités.

Sur le graphique, le stock de sécurité est de 500. Dès que vous atteignez le seuil de 1500 unités, vous commandez 2000 pièces (quantité calculée avec Wilson). Pendant les 10 jours de transit, vous vendez 1000 unités ; le stock tombe à 500 et la nouvelle livraison arrive.

Cet exemple montre bien l’articulation entre stock de sécurité et point de réapprovisionnement.

Néanmoins, cette méthode reste rudimentaire : elle ne s’ajuste pas dans le temps et fonctionne surtout à l’expérience. Si vous l’utilisez, associez impérativement une classification ABC XYZ pour éviter les excès.

Méthode 2 : Moyenne, Max

La suivante, dite « moyenne, max », est simple et rassurante pour ceux qui veulent garder la main sur leurs calculs.

On applique la formule : (vente max x délai max), (vente moyenne x délai moyen).

Formule de calcul du stock de sécurité

Un exemple sur Excel : ventes sur 12 mois totalisant 12 000 unités, soit 1 000 par mois, environ 33 par jour. La vente maximale sur une journée est de 39,5. On identifie le mois le plus élevé, on le ramène à la journée, puis on regarde les délais : moyenne de 35 jours, maximum de 40 jours.

La formule donne alors un stock de sécurité de 427 unités.

Pour le point de commande, même formule que précédemment : stock de sécurité + (vente moyenne x délai moyen), ce qui donne ici 1578.

Cette méthode est très répandue. Son avantage : simplicité, si vous disposez des données. Mais attention : une seule livraison exceptionnellement longue ou un pic de vente gonflera artificiellement le stock de sécurité. Je recommande de plafonner ces valeurs, ou d’appliquer un pourcentage max. Par ailleurs, cette méthode ne tient pas compte d’un taux de service cible selon la typologie produit ou le risque. Les méthodes suivantes vont plus loin.

Méthode de la distribution normale

Pour cette approche, il est possible de télécharger gratuitement le fichier Excel de l’exemple ICI

La méthode s’appuie sur la loi normale (méthode King). Cette distribution mathématique permet d’estimer la probabilité de vendre une certaine quantité. En pratique, si vous vendez en moyenne 1 000 unités, il y a une forte chance d’atteindre ce volume, mais aussi une chance plus faible de s’écarter fortement (500 ou 2 000). La courbe, symétrique, reflète cette incertitude. Son intérêt majeur : intégrer un taux de service souhaité, et obtenir un facteur de sécurité à appliquer au calcul.

Ainsi, viser un taux de service de 50 % ne nécessite pas de stock tampon : c’est pile ou face. Mais pour garantir 90 % de taux de service, la loi normale fournit un multiplicateur de 1,28 pour couvrir 90 % des besoins.

Sur Excel, indiquez le taux de service (par exemple 90) et la fonction Normal.Standard.Inverted vous donne le facteur Z. Un tableau téléchargeable permet de trouver ce coefficient pour tous les taux de service, sachant que viser 100 % supposerait un stock infini, ce qui n’a pas de sens.

Une fois ce coefficient défini, voici les différentes formules à utiliser selon le contexte.

Garder des unités de temps cohérentes

Attention : contrairement à la vidéo présentée plus haut, il faut travailler avec des unités de temps homogènes : jours, semaines ou mois. Si vous analysez les ventes mensuelles, convertissez aussi les délais moyens en mois pour garantir la cohérence. C’est une erreur fréquente : merci à Jacques Bojoly (JB-Conseil) de l’avoir souligné.

Méthode 3 : Distribution normale avec incertitude sur la demande

Formule du stock de sécurité :

La première application consiste à multiplier le coefficient Z par l’écart type de la demande. Pour calculer l’écart type, utilisez la formule sur l’ensemble des ventes (par mois, jour ou semaine), puis multipliez-le par la racine carrée du délai moyen (par exemple 1,15 mois). Dans l’exemple, cela donne un stock de sécurité de 194 unités. Le point de commande reste : stock de sécurité + (vente moyenne x délai moyen) = 1345 unités.

On privilégiera cette méthode quand seule la demande est incertaine, et que les délais sont stables.

Méthode 4 : Distribution normale avec incertitude sur les délais

Formule du stock de sécurité :

Si la demande est très prévisible mais les délais fluctuants, utilisez : facteur Z x vente moyenne x écart type du délai (en mois). Dès que l’écart type du délai grimpe (plus d’instabilité), le stock de sécurité augmente. Dans l’exemple, cela donne 183 unités. Ici, l’incertitude du délai pèse autant que celle de la demande.

Méthode 5 : Incertitude indépendante sur demande et délais

3e formule basée sur la distribution normale : elle s’utilise quand l’incertitude existe autant sur la demande que sur les délais, et que ces deux facteurs sont indépendants. Exemple : la demande de parapluies n’est pas liée au délai d’approvisionnement.

La formule devient plus complexe :

Formule du stock de sécurité :

On obtient un stock de sécurité de 267 unités. Ce niveau plus élevé reflète l’incertitude sur deux plans distincts.

Méthode 6 : Incertitude dépendante sur demande et délais

Quand la demande et le délai sont liés (un retard influant sur la demande, et inversement), on additionne les résultats des méthodes précédentes, ce qui donne ici 377 unités.

Formule du stock de sécurité :

Il s’agit de la somme des méthodes 3 et 4. La variabilité croisée renforce le besoin de stock tampon. Cette méthode « maximale » n’est à utiliser qu’en cas extrême.

Face à la complexité, pas de panique : choisissez la formule selon votre contexte. Dans la plupart des cas, la méthode 3 (incertitude sur la demande) est suffisante. Si l’instabilité touche aussi les délais, passez à la méthode 5.

Distribution normale : les limites à connaître

Quelle que soit la formule choisie, gardez à l’esprit ces points :

  • Toutes les demandes ne se prêtent pas à la loi normale. Pour les ventes très faibles ou très erratiques, elle ne s’applique pas parfaitement.
  • Le facteur de sécurité Z ne tient pas compte de la saisonnalité. Sur une activité très saisonnière, la précision chute.
  • Les cas extrêmes (longues pannes, ruptures majeures) sont sous-estimés. La loi normale juge ces scénarios très improbables, ce qui ne les empêche pas d’arriver.
  • Le manque de confiance dans les formules pousse parfois les entreprises à augmenter artificiellement les taux de service (passer de 90 à 99 %, par exemple).

Mon conseil : ciblez votre taux de service selon la classification ABC ou ABC XYZ. Fixez des objectifs différenciés selon la criticité et l’incertitude. Vous trouverez les détails et de nombreux conseils sur la classification ABC XYZ dans notre vidéo ICI.

Autres méthodes de calcul du stock de sécurité

D’autres pistes existent, mais elles exigent des données de très haute qualité et un niveau d’expertise avancé, ce qui peut vite générer des erreurs ou des surcoûts. Quelques exemples :

  • Distribution binomiale
  • Loi de Poisson
  • Méthode McKinsey

En pratique, il vaut mieux s’en tenir aux méthodes présentées plus haut, plus robustes et plus faciles à mettre en œuvre.

Comment choisir la formule adaptée ?

La qualité des données prime sur la formule : ventes, délais, précisions… plus elles sont fiables, plus le calcul est pertinent.

Quelques repères : pour des volumes faibles, la méthode 2 (« moyenne, max ») reste pertinente ; pour des volumes plus conséquents (100, 200, 300 unités/mois), préférez la méthode 3 axée sur la variabilité de la demande ; si vos délais sont très incertains, la méthode 5 s’impose.

8 conseils pour un stock de sécurité pertinent

Pour optimiser votre stock de sécurité, voici 8 recommandations concrètes :

  1. Ne vous fiez pas aux réglages statiques. Un seuil fixé une fois pour toutes ne suit pas l’évolution de l’activité : utilisez des formules dynamiques.
  2. Contrôlez régulièrement vos stocks de sécurité, surtout pour les articles du cœur de votre activité (règle 20/80).
  3. Investissez dans l’amélioration des prévisions. Mieux vaut anticiper que stocker excessivement.
  4. Stabilisez la demande si possible : limitez les promotions ou la multiplication des nouveautés.
  5. Misez sur des délais fournisseurs stables. Exigez de la régularité plutôt que de gonfler votre stock tampon.
  6. Réduisez vos délais d’approvisionnement dès que possible pour alléger vos stocks.
  7. Acceptez une variabilité naturelle sur les articles à faible rotation (voir classification ABC XYZ).
  8. Gardez en tête que le recours à l’intelligence artificielle et au machine learning sera bientôt la norme pour optimiser les niveaux de stock et les prévisions.

Cap sur l’avenir : le machine learning au service du stock

L’avenir de la gestion des stocks s’écrit déjà avec l’apprentissage automatique. Certaines entreprises l’ont adopté : l’algorithme simule tous les scénarios pour adapter en temps réel le niveau de stock et les prévisions. Mais pour en profiter demain, il faut commencer à collecter et structurer ses données dès aujourd’hui.

Nous préparons d’ailleurs plusieurs contenus sur cette révolution. Pour toute demande sur la formation : comment utiliser l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle en supply chain, contactez-nous.

Télécharger Excel Safety Stock & Order Point

Pour aller plus loin, téléchargez l’Excel présenté dans les différents exemples de cet article ICI. Testez différentes méthodes, comparez avec vos niveaux actuels : parfois, l’écart observé vaut la peine d’être corrigé.

Pour aller plus loin :

Si ce sujet vous intéresse, voici quelques vidéos à ne pas manquer :

  1. Classification ABC XYZ : pour calibrer votre taux de service selon l’incertitude
  2. La formule de Wilson : pour optimiser la quantité et la fréquence de commande
  3. 10 techniques pour réduire votre stock

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