Changer de voie professionnelle peut sembler intimidant, surtout lorsqu’on occupe un CDI stable. Pourtant, de nombreuses personnes ressentent le besoin de redonner du sens à leur carrière, de poursuivre de nouvelles opportunités ou de se lancer dans l’entrepreneuriat. Faire ce saut demande une préparation minutieuse pour éviter les écueils financiers et professionnels.
Heureusement, il existe des astuces et des conseils pour naviguer cette étape avec succès. De la gestion de la rupture conventionnelle aux formations pour renforcer ses compétences, les options sont variées pour assurer une transition en douceur sans sacrifier la sécurité acquise.
Se préparer avant de quitter son CDI
Aborder la rupture conventionnelle avec anticipation, c’est la première brique à poser. Ce dispositif vous permet de bénéficier d’indemnités de départ tout en gardant le filet de sécurité du chômage. Pour l’activer, il faut ouvrir la discussion avec l’employeur et négocier une sortie qui respecte vos intérêts.
Analyser sa situation financière
Avant de tourner la page, prenez le temps de passer vos finances au peigne fin. Voici les points à examiner :
- Votre épargne disponible
- Les dépenses fixes à couvrir chaque mois (loyer, crédits, charges…)
- Les indemnités que vous pourriez percevoir à la fin du contrat
- Vos droits à l’allocation chômage
Un matelas de sécurité couvrant environ six mois de charges courantes évite bien des sueurs froides durant la période de transition.
Se former et se préparer
Le préavis n’est pas qu’une formalité. Profitez de ces semaines pour monter en compétences grâce au CPF, explorer des formations en gestion ou en entrepreneuriat si l’idée de créer votre activité germe dans un coin de votre tête. Ces heures investies peuvent faire la différence au moment de franchir le cap.
Soigner son réseau reste tout aussi déterminant. Contactez d’anciens collègues, échangez avec des professionnels du secteur que vous visez, participez à des événements où se croisent les opportunités et les conseils avisés. Parfois, une simple conversation fait basculer un projet.
Planifier sa transition
Établissez un plan d’action sans ambiguïté. Fixez des échéances à court et moyen terme, identifiez les segments de marché porteurs, vérifiez que vos ambitions sont en phase avec la réalité du terrain. Cette préparation évite bien des désillusions et vous met en position de force.
Les options pour quitter son CDI sans perdre ses droits
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle s’impose comme la solution la plus utilisée pour quitter un CDI tout en conservant ses droits sociaux. Depuis 2008, ce dispositif facilite un départ négocié, assorti d’indemnités et d’un accès direct à l’assurance chômage, sous réserve d’un accord entre salarié et employeur.
La démission légitime
Dans certains contextes, la démission donne aussi accès au chômage, à condition de justifier d’un motif reconnu par Pôle Emploi. Parmi les situations acceptées :
- Accompagner un conjoint muté
- Situation médicale particulière
- Projet de reconversion professionnelle solide
Pour chaque cas, rassemblez tous les justificatifs nécessaires afin d’éviter les mauvaises surprises lors de l’instruction de votre dossier.
Le projet de reconversion professionnelle
Le dispositif démission-reconversion permet désormais de quitter son CDI pour suivre une formation qualifiante ou lancer son entreprise, tout en conservant un droit aux allocations chômage. Attention, il faut présenter son projet à une commission régionale qui validera sa pertinence avant de partir.
Le congé sabbatique
Le congé sabbatique, quant à lui, offre un temps de respiration pouvant aller jusqu’à 11 mois. Ce congé non rémunéré maintient le lien contractuel avec l’employeur. À votre retour, vous pouvez reprendre votre poste ou, si l’élan vient, négocier un départ définitif. Chacune de ces options mérite d’être pesée selon vos aspirations et vos besoins du moment.
Optimiser sa transition professionnelle
Réussir son changement de cap demande de l’anticipation et de la méthode. Plusieurs leviers sont à activer pour passer le cap sereinement.
Analyser ses compétences
Un bilan objectif de ses atouts et de ses axes d’amélioration s’impose. Les outils d’auto-évaluation en ligne ou un bilan de compétences avec un professionnel vous aideront à mettre au clair vos envies et à cibler les formations adaptées.
Se former
L’apprentissage continu ouvre de nombreuses portes. Renseignez-vous sur les dispositifs proposés dans votre entreprise : Compte Personnel de Formation (CPF), Plan de Développement des Compétences (PDC), ou encore sur les offres des chambres de commerce et fédérations professionnelles. Si une reconversion vous attire, privilégiez les formations certifiantes et reconnues sur le marché.
Utiliser son réseau
Ne sous-estimez jamais la force du relationnel. Multipliez les participations à des événements, salons, conférences ou réunions de professionnels. Un contact rencontré au bon moment peut vous orienter vers une opportunité insoupçonnée.
Élaborer un plan financier
Ne laissez rien au hasard côté finances. Un budget prévisionnel solide doit couvrir la période de transition. Pensez à mobiliser, si besoin, l’épargne salariale, l’allocation de retour à l’emploi (ARE) ou encore les aides à la création d’entreprise. Cette anticipation offre un filet de sécurité appréciable.
Se faire accompagner
Un regard extérieur facilite les remises en question utiles. Les conseillers de l’emploi, les coachs spécialisés ou les cabinets de conseil apportent des éclairages précieux et des conseils concrets pour franchir chaque étape sans faux pas. L’accompagnement personnalisé donne parfois l’élan qu’il manquait.
En combinant ces approches, la transition professionnelle prend une autre dimension : celle d’un projet mûri, réfléchi et porteur.
Se faire accompagner pour une transition réussie
Les services publics de l’emploi
Pôle emploi reste un allié de taille pour les transitions professionnelles. Dès l’inscription, l’allocation de retour à l’emploi (ARE) peut être sollicitée, ainsi que l’accès à des conseils sur-mesure. Les conseillers orientent vers des formations adaptées ou vers les aides à la création d’entreprise, selon votre projet.
Les coachs en transition professionnelle
Solliciter un coach spécialisé accélère souvent la clarification du projet. Ces professionnels adaptent leur accompagnement à votre situation, vous aident à définir une stratégie efficace, à travailler votre pitch de présentation, ou encore à préparer vos entretiens pour maximiser vos chances de réussite.
Les cabinets de conseil
Certains cabinets d’outplacement proposent un accompagnement complet, de la réflexion sur votre nouvelle trajectoire à l’optimisation de vos outils de candidature. Leurs interventions couvrent plusieurs domaines :
- Construction d’un plan de carrière cohérent
- Mise en valeur de votre profil sur LinkedIn et dans votre CV
- Préparation pointue aux entretiens de recrutement
Les réseaux professionnels
Rejoindre des réseaux sectoriels, des clubs d’entrepreneurs ou des groupes de networking multiplie les occasions d’échanger avec des personnes ayant déjà franchi le pas. Ces communautés offrent un terrain fertile pour partager des expériences et recevoir des conseils concrets.
Les dispositifs d’aide à la création d’entreprise
Pour ceux qui souhaitent se lancer, différents dispositifs d’appui existent :
- ACRE : réduction des charges sociales pour les créateurs ou repreneurs d’entreprise
- ARCE : versement partiel en capital de l’allocation chômage pour soutenir le démarrage
- Prêt d’honneur : prêt à taux zéro pour donner l’impulsion financière initiale à votre projet
Multiplier les soutiens et s’entourer des bons partenaires, c’est aborder la transition avec plus de sérénité et d’assurance. Parce qu’au bout du compte, chaque nouvelle aventure professionnelle s’écrit d’abord avec confiance et lucidité.


