L’obligation de servir les consommateurs en français prime désormais sur toute autre langue, même pour les entreprises dont la clientèle est majoritairement anglophone. Une entreprise qui omet d’afficher un slogan ou une marque de commerce en français peut se voir imposer des sanctions sévères, indépendamment de son chiffre d’affaires ou de sa taille.
Certains contrats standardisés, auparavant exclus du champ d’application de la Charte, sont dorénavant soumis à des exigences linguistiques strictes. La législation s’applique aussi aux communications internes et à la documentation destinée aux employés, sans égard au statut linguistique des travailleurs.
Pourquoi la loi 96 marque un tournant pour la langue française au Québec
Impossible de réduire le projet de loi 96 à une simple retouche réglementaire : ce texte s’inscrit dans la suite logique de la loi 101, mais franchit un cap dans la défense de la langue française. L’objectif affiché saute aux yeux : affirmer le français comme pilier, non seulement dans la sphère publique, mais aussi dans la vie courante des Québécois.
Depuis sa promulgation, la loi 96 donne un nouveau souffle à la charte de la langue française. Désormais, chaque institution, entreprise, tribunal ou établissement scolaire doit se plier à des règles renforcées. L’administration se transforme en bastion linguistique, imposant le français dans la rédaction des contrats et de tout document officiel. Désormais, les citoyens et les services publics communiquent en français par principe, là où des exceptions étaient autrefois admises.
Pour mieux cerner la portée de ces changements, voici les principaux domaines concernés :
- Le statut de la langue française au Québec gagne en solidité et en visibilité.
- Les entreprises adaptent leurs pratiques internes, leurs affichages et leurs sites internet pour placer le français au premier plan.
- La question de la formation linguistique prend une dimension nouvelle, avec un contrôle accru de l’OQLF.
Le mouvement est large : jamais une loi langue française n’avait placé le français aussi haut dans la hiérarchie des priorités collectives. Cette loi langue commune n’est pas qu’un texte technique ; elle devient un outil d’intégration, mais aussi un terrain de débat. Certains acteurs économiques, notamment les entreprises étrangères, s’inquiètent de la multiplication des contraintes, pendant que d’autres saluent enfin un signal fort pour enrayer la perte d’influence du français langue québécois. La charte de la langue française redevient un symbole central du projet de loi Québec,et la société québécoise redéfinit ses repères linguistiques.
À qui s’adresse la loi 96 et quelles sont ses principales obligations ?
Le champ d’application de la loi 96 est vaste : entreprises, employeurs, employés, tous sont concernés, et l’impact se fait sentir dans tout l’écosystème économique. Dès vingt-cinq salariés, une société doit mettre en place un comité de francisation. Ce groupe surveille l’usage du français, des échanges internes à la rédaction des documents officiels. L’OQLF (office québécois de la langue française) doit être informé et la conformité linguistique doit être démontrée, preuve à l’appui.
Autre volet incontournable : l’affichage public et les emballages. Le français doit s’imposer par sa visibilité et sa prédominance. Même les marques déposées en langue étrangère nécessitent désormais un descriptif en français, bien mis en avant. Quant aux contrats et communications destinés aux salariés, clients ou partenaires, ils doivent être rédigés en français, sauf si une demande expresse impose une autre langue.
Voici les obligations majeures qui s’appliquent désormais :
- Constitution obligatoire d’un comité de francisation à partir de 25 employés
- Enregistrement auprès de l’OQLF et production d’un rapport de francisation
- Affichage, emballages et supports publicitaires où le français domine nettement
- Rédaction des contrats, documents et communications en français
Le français s’installe ainsi comme point de passage obligé à chaque étape de la vie professionnelle et commerciale, consolidant sa place dans la société québécoise, secteur par secteur.
Entreprises et citoyens : quels impacts concrets au quotidien ?
Depuis l’arrivée de la loi 96, le quotidien change, en particulier pour les entreprises étrangères qui opèrent au Québec. Les sociétés internationales revoient leurs sites web et applications pour présenter une version française complète. Fiches techniques, garanties, modes d’emploi : tout doit parler la langue officielle. Le moindre écart peut entraîner des sanctions,et les amendes peuvent désormais peser lourd, tandis que les recours collectifs sont plus accessibles devant les tribunaux.
Côté consommateur, les règles sont tout aussi strictes. Que ce soit à la pharmacie, au supermarché ou sur Internet, les communications commerciales s’affichent d’abord en français. Les services publics s’alignent sur cette logique : démarches administratives, santé, éducation, tous les guichets s’expriment en français, hormis quelques exceptions prévues par le législateur.
Pour les affaires québécoises, l’obtention du certificat de francisation délivré par l’OQLF est désormais une étape incontournable. La conformité ne se limite pas à l’affichage : elle s’étend à tous les aspects de l’activité. Notes de service, réunions, offres d’emploi, tout doit être pensé dans la perspective de la loi. Même le recrutement s’adapte : la maîtrise du français ne relève plus du simple atout, elle devient un critère indispensable.
Pour résumer les changements les plus visibles :
- Obligation de proposer sites web et applications en français
- Augmentation des amendes en cas de non-respect
- Recours collectifs désormais plus accessibles
L’attention aux détails s’impose, à tous les niveaux de l’organisation, pour éviter que la conformité linguistique ne débouche sur des litiges juridiques ou des difficultés commerciales.
Ressources et solutions pour accompagner la mise en conformité
La transformation imposée par le projet de loi 96 oblige à repenser l’ensemble des pratiques linguistiques. Plusieurs organismes et services spécialisés se mobilisent pour épauler entreprises et institutions. L’OQLF propose un accompagnement structuré : diagnostics, guides pratiques, webinaires pour faciliter la transition vers la conformité exigée.
En parallèle, des plateformes d’apprentissage linguistique permettent de renforcer les compétences des équipes. Formations ciblées, ateliers interactifs, modules adaptés : chaque salarié progresse en français, directement soutenu par les programmes internes de francisation mis en place par les entreprises et les comités de francisation prévus par la charte de la langue française.
Pour mieux gérer la documentation et les communications, différentes approches sont possibles :
- Traduction certifiée pour les contrats et documents officiels,
- Mise à jour des documents internes et supports clients,
- Audit de la conformité linguistique des outils numériques.
Obtenir la certification de l’OQLF passe par une analyse détaillée de la documentation et des processus internes. De nombreux cabinets spécialisés ont développé des solutions complètes : rédaction, adaptation, contrôle du respect de la loi 96. Recourir à ces prestataires permet de soulager les directions juridiques et ressources humaines, souvent débordées par l’ampleur des nouvelles obligations.
Les services publics et les partenaires sectoriels diffusent régulièrement des mises à jour et des outils concrets, pour permettre à chacun de s’adapter aux échéances du projet de loi 96 Québec. La route s’annonce exigeante, mais le signal envoyé à la société québécoise ne laisse aucune place à l’ambiguïté : le français reprend la première place, et le paysage linguistique du Québec ne sera plus jamais tout à fait le même.


