E-commerce : Amazon ferme ses sites français pour une durée indéterminée

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Le 14 avril 2020, Amazon a été contraint de fermer ses sites en France pour une période indéterminée. Découvrez les dessous de l’arrêt des activités de la firme de livraison.

Une fermeture imposée par la loi française

Le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a contraint le géant américain de la livraison à fermer ses sites en France. Amazon devrait se limiter uniquement à la distribution de produits d’alimentation, d’hygiène et de santé.

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Selon la justice, cette décision était nécessaire pour prendre le temps pour évaluer les conditions de sécurité pour les salariés d’Amazon dans les entrepôts. Le géant américain a donc été contraint de respecter cette injonction de la justice française.

Amazon n’a pas eu d’autre choix, car une journée de retard lui couterait un million d’euros. C’est donc tout à fait logique de voir le leader de la distribution en ligne surseoir à ses activités en France du 14 au 16 avril 2020.

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De manière concrète, tous les centres de distribution sont restés fermés. Durant cette période de pause forcée, les 10 000 salariés de la boîte percevaient toujours la totalité de leurs salaires.

D’après Frédéric Duval, directeur général d’Amazon en France, la décision de justice du tribunal de Nanterre présente de nombreuses irrégularités. C’est la raison principale qui a motivé le groupe a arrêté définitivement ses activités au lieu de simplement les réduire.

Sur le plateau d’une télévision française populaire, Frédéric Duval a expliqué qu’il ne sait pas véritablement faire la différence entre un produit d’hygiène et un équipement médical.

Pour illustrer ses propos, il a dit « Un préservatif est un produit médical ? Un coupe-ongles est un produit d’hygiène ? Je ne saurais le dire. » En tout cas, les activités d’Amazon France ont quand même été arrêtées.

Qu’est-ce qu’une infraction ?

Il est important de rappeler que le tribunal de Nanterre avait demandé à la firme américaine de limiter ses livraisons aux seuls produits essentiels dans les 24 heures.

En effet, en livrant un produit non essentiel, Amazon s’exposait à une amende d’un million d’euros par infraction. Le porte-parole du groupe avait réagi à cette décision en affirmant « Qu’est-ce que une infraction ? ».

Comme avait indiqué le président d’Amazon France, le porte-parole semblait ne pas faire la différence entre les produits essentiels et les autres éléments à livrer. Néanmoins, pour éviter toute amende, le groupe avait carrément décidé d’arrêter son activité plutôt que de payer un million d’euros à chaque infraction.

Durant la période de fermeture de ses entrepôts, le groupe a évalué les risques sanitaires pour ses employés. Le but de cette décision judiciaire était bien évidemment de limiter la propagation de la pandémie. Néanmoins, durant cette période de vacances, le géant américain a perdu plusieurs millions d’euros.

Cinq mises en demeure de la part de l’inspection du travail

La direction d’Amazon avait expliqué l’arrêt de ses activités par la complexité à respecter la décision de justice du tribunal de Nanterre. Le géant américain de la distribution par la voix de son porte-parole avait indiqué que cette décision de justice aurait des conséquences importantes pour de nombreux pays.

Ceci se comprend aisément, car l’arrêt des activités d’Amazon a touché bien évidemment ses collaborateurs et ses clients. Ces derniers ont montré ces dernières années leur forte dépendance au géant de la livraison, surtout lors de la pandémie.

Il faut aussi avouer que de nombreuses TPE et PME ont été impactées par la décision du tribunal de justice. Pourtant depuis le début de la pandémie, les syndicats se sont insurgés contre la livraison de produits « non essentiels ». Dans cette catégorie, selon les organisations syndicales, il y aurait des éléments comme : les produits de beauté, les livres et bien d’autres.

Depuis le 21 mars 2020, le géant américain a indiqué qu’il ne prenait plus les commandes « moins prioritaires ». Cette information a été présentée sur les sites français et italiens d’Amazon.

Il est quand même important de préciser que cela ne prend pas en compte les produits essentiels. Selon la firme, il s’agit ici des produits alimentaires, de santé et d’hygiène. Ces éléments ne représentent qu’une part minoritaire du flux commercial d’Amazon.

La firme américaine a fait l’objet de cinq mises en demeure de la part de l’inspection du travail. Parmi, ces sommations formelles, trois ont été conséquentes. La société de livraison qui dispose de 10 000 salariés a indiqué qu’elle a distribué plus de 1,5 million de masques, 127 000 paquets de lingettes et plus de 27 000 litres de gel hydroalcoolique. Elle a donc participé à la lutte  contre la crise sanitaire dans l’Hexagone.

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